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Mondial 2026 : derrière les promesses, qui seront les grands gagnants ?

Par EL BARHRASSI Meryem -le

Mondial 2026 : derrière les promesses, qui seront les grands gagnants ?
La Coupe du monde 2026 promet des retombées économiques record pour les États-Unis, le Canada et le Mexique. Mais derrière les projections spectaculaires de la FIFA, de nombreuses études invitent à la prudence. Entre dépenses publiques, emplois temporaires et tourisme incertain, le bilan pourrait être moins flamboyant qu’annoncé.

À moins de dix jours du coup d’envoi, la Coupe du monde 2026 s’apprête à entrer dans l’histoire. Pour la première fois, 48 sélections participeront à la compétition, réparties dans 16 villes et trois pays hôtes : les États-Unis, le Canada et le Mexique.

 

Dans les discours officiels, l’événement est présenté comme un formidable accélérateur économique. La FIFA évoque plus de 30 milliards de dollars de retombées directes pour les pays organisateurs et un impact mondial dépassant les 40 milliards de dollars. Plus de 800.000 emplois seraient également générés, directement ou indirectement.

Des chiffres impressionnants. Mais qui ne font pas l’unanimité parmi les économistes.

 

Des prévisions qui divisent

 

Les projections reposent essentiellement sur l’arrivée massive de visiteurs, l’augmentation des dépenses touristiques et l’activité générée dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des transports et des loisirs.

 

Pourtant, plusieurs analyses indépendantes soulignent que ces estimations reposent sur des scénarios particulièrement optimistes. L’expérience des précédentes Coupes du monde montre que les bénéfices réels sont souvent inférieurs aux prévisions initiales.

 

Le débat n’est pas nouveau. À chaque grand événement sportif, les organisateurs mettent en avant des chiffres spectaculaires. Une fois la compétition terminée, le bilan apparaît généralement plus nuancé.

 

Le Mexique mieux placé pour tirer son épingle du jeu

 

L’impact économique du Mondial ne sera pas le même pour les trois pays organisateurs. Aux États-Unis, première économie mondiale, les retombées attendues restent marginales à l’échelle nationale. Même évaluées à plusieurs milliards de dollars, elles représentent moins de 0,1 % du PIB américain.

 

Le Mexique pourrait en revanche tirer un bénéfice plus visible de la compétition. Les estimations avancent un impact pouvant atteindre 0,5 % de son produit intérieur brut. Dans un pays où le tourisme occupe une place stratégique, l’arrivée de centaines de milliers de visiteurs étrangers pourrait soutenir temporairement l’activité.

 

Des villes comme Mexico, Guadalajara ou Monterrey figurent parmi les principales bénéficiaires attendues.

 

Des gagnants… mais surtout locaux

 

Les spécialistes s’accordent sur un point : les effets économiques du tournoi seront concentrés dans certaines villes et sur une période limitée.

Les hôtels, restaurants, commerces et entreprises de services implantés autour des sites de compétition devraient profiter d’un surcroît d’activité pendant quelques semaines. Les métropoles accueillant les rencontres, comme New York, Dallas ou Houston, se préparent déjà à cet afflux.

 

Mais cette dynamique reste largement temporaire. Une fois les supporters repartis, l’activité retrouve généralement son niveau habituel. Les emplois créés suivent souvent la même logique : ils sont nombreux, mais rarement durables.

 

Le coût caché de la fête

 

Si les bénéfices font débat, les dépenses, elles, sont bien tangibles. Le budget global du Mondial 2026 est estimé à près de 14 milliards de dollars, dont plus de 11 milliards pour les seuls États-Unis.

L’histoire des grands événements sportifs montre également que les enveloppes initiales sont fréquemment dépassées. Retards, contraintes logistiques et impératifs de livraison entraînent régulièrement des surcoûts absorbés par les finances publiques.

 

La question du retour sur investissement reste donc centrale. Chaque dollar consacré à l’organisation est un dollar qui n’est pas investi ailleurs.

 

Le piège des retombées surestimées

 

Un autre phénomène limite l’impact réel du Mondial : l’effet de substitution. Une partie des visiteurs attirés par la compétition remplace simplement les touristes habituels qui auraient voyagé à la même période.

 

Dans ce cas, l’activité générée n’est pas totalement nouvelle. Elle est simplement déplacée. Le gain économique net devient alors beaucoup plus faible que les chiffres bruts annoncés.

 

À cela s’ajoutent des incertitudes sur la fréquentation. Plusieurs enquêtes réalisées dans certaines villes américaines montrent des niveaux de réservation inférieurs aux attentes. Le coût élevé des déplacements, les procédures de visas et le contexte géopolitique pourraient freiner une partie des voyageurs.

 

Un spectacle mondial, un impact plus mesuré

 

Sur le terrain sportif et médiatique, la Coupe du monde 2026 s’annonce déjà comme un succès. L’audience devrait atteindre des records et l’événement mobilisera des milliards de téléspectateurs à travers le monde.

 

Sur le plan économique, le constat pourrait être plus contrasté. Les retombées existeront. Elles profiteront à certains secteurs et à certaines villes. Mais elles devraient rester limitées dans le temps et loin des promesses parfois avancées.

 

Comme souvent avec les méga-événements sportifs, l’écart entre les projections et la réalité risque d’alimenter le débat bien après le coup de sifflet final. Car derrière les milliards annoncés, une question demeure : qui profitera réellement du Mondial 2026 ?


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